Je suis dans une nouvelle ville de l’autre côté de la rivière, loin de Montréal et de mes repères. C’est la banlieue dans un centre-ville. J’ai mes deux fidèles compagnons à quatre pattes pour me tenir compagnie, l’une grise, l’autre blanc, caramel et noir. Je n’ai pas d’amis ici, pas de connaissances. Je sais qu’il y a une maison jaune au coin de ma rue. Les hôtels et les tours à appartements côtoient des maisons qui ressemblent davantage à des chalets. Drôle de paysage urbain. Le jour, le soleil commence à nous réchauffer un peu. On prend quelques minutes pour respirer en regardant le ciel puis on tombe dans la lune en essayant de se rappeler l’été. J’essaie de retrouver le temps qui passe sans caféine – la presse à café française m’abreuve du matin au soir. Un café par jour est maintenant rendu à quatre. Le matcha au lait de coco se fait attendre. Le temps est long, je suis tannée. Verdun n’était pas si mal, finalement. C’est dur de recommencer à zéro quand on ne sait pas ce qui nous attend.

Bouledogue anglais
Winston
Photo : Alexandra Tremblay

Deux mois sont passés

Le bouledogue anglais bringé a quatre mois. Ses quatre taches sur la tête forment une constellation. On est allés au parc de notre côté du pont Alexandra. On voyait les lumières d’Ottawa scintiller dans la nuit, telles des allumettes enflammées. Il courait vers nous dans la neige et je crois n’avoir jamais été aussi heureuse. Brève ivresse de l’hiver qui achève. Cela faisait si longtemps que je l’attendais. La tristesse et l’angoisse de ne pas savoir ce qui arrivera. Je peux essayer de deviner, mais maintenant il faut arriver à y croire.

Photo de couverture : Pixabay

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